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mercredi 6 mai 2009

Ca ne s'invente pas : usage interne

Aujourd'hui un site web professionnel m'a demandé avec insistance un "login" et un "password".
Un oxymore soulignait le sérieux de cette requête : "this extranet is only for internal use" («cet extranet est exclusivement à usage interne»).

Les meilleurs dictionnaires anglo-saxons en ligne ne nous renseignent guère sur ce paradoxe apparent. Collins et Oxford ignorent le vocable "extranet" et Merriam Webster nous indique «an extranet is a network simillar to an intranet» («un extranet est un réseau similaire à un intranet»).

Peut-être qu'un pharmacien pourrait nous venir en aide. Jusqu'ici je pensais qu'un "extranet", tel un onguent, était plutôt à usage externe. Il semblerait que certaines versions ressemblent plus aux sempiternels spams proposant du Viagra.

Externalement votre …

Références :
- Les oxymores et paradoxes, artifices fort utilisés dans les entreprises, sont décortiqués dans le chapitre «bonnes figures» du livre Brèves de Couloir (Collection Mots & Cie - Editions Mango - 2007).
- Les spams ou «S.P.A.M.» sont évoqués dans les chroniques «suis-je vraiment moi ?», «appelez la sécurité» et surtout «du Viagra au plan social il n'y a qu'une spam».

- Dans tout le blog Nouvelles Brèves de Couloir, les guillemets " " indiquent des citations authentiques de langue d'entreprise alors que les guillemets « » marquent des expressions soit d'autres provenances, soit traduites voire parfois apocryphes. La mise en italique souligne les vocables de provenance étrangère.
- http://www.collinslanguage.com/
- http://www.oup.com/
- http://www.merriam-webster.com/
- http://www.lexilogos.com/

Breves de Couloir, betisier et analyses sur les langages et les jargons des entreprises et du management, humour semantique et linguistique, un peu des breves de comptoir de la langue du travail et du business ...

vendredi 24 avril 2009

Ligne tiède et bestiole nosocomiale

Depuis près de deux mois, la petite équipe au sein de laquelle je travaille tente sans succès de dompter un appareil informatique de mesure rétif.
Très vite, nous avons décidé de faire appel à la "hot line" (littéralement «ligne chaude») afin d'obtenir une solution à ce "bug" (littéralement «bestiole», désormais en français officiel «bogue»).

La «ligne» étant probablement tout juste tiède, aujourd'hui, après plusieurs semaines d'attente inquiète, nous avons enfin reçu un "mail" de l'expert patenté de l'engin défectueux.

Ses premières phrases nous remplirent d'espoir. La richesse du lexique de notre pompier de service prouvait son "haut niveau de compétences".
Jugez plutôt sur pièces avec ces échantillons, à prononcer évidemment avec l'accent de Californie ou du Massachussetts : "re-transmission", "ACKs" [*], "interoperability", "recovery", "timeout", "re-try algorithm", "v0.5.033", "reprate" [**]
Bien sur, une fois traduits dans la langue de la Côte d'Or ou de la Charente, ces vocables perdent beaucoup de leur magie. «Retransmission» fait immédiatement penser au football à la télévision et «interopérabilité» à un énarque expliquant le cafouillage des nouvelles immatriculations. «Guérison» et «arrêt de jeu» ne paraissent guère informatiques. Seul «algorithme de réessai» conserve une dose de mystère mathématique.

La lecture complète du message confirma notre excellente impression initiale.
Après avoir "reformulé" notre panne dans son langage fleuri, notre Saint-Bernard virtuel poursuivait dans le même jargon avec une explication détaillée des causes se terminant par cette phrase sans appel "this is not a problem or an error case but a side-effect of a fix" («ce n'est pas un problème ou un cas d'erreur mais un effet secondaire d'une réparation»).
L'appareil n'était donc pas défectueux, nous étions victimes de la version informatique de la maladie nosocomiale !

Bien entendu, que le visiteur inquiet de ce blog se rassure, le nobélisable de la «ligne tiède » n'a pas jugé utile de compléter une analyse aussi définitive par un quelconque remède à un «effet» tout juste «secondaire».

Brèviquement votre, a priori guéri quoique toujours en panne …

Références :
[*] "ACKs" est une abréviation bizarre de acknowledgments qui se traduit en français par reçus ou remerciements. L'acronyme "ACKs" pourrait donc être transposé en «RECs».
[**] Je n'ai pu trouver aucune explication satisfaisante au mot "reprate". Toutefois le très ténu site web http://reprate.com/ pourrait éventuellement laisser supposer une connotation pornographique.
- Traductions réalisée avec l'aide du dictionnaire en ligne WordReference.com.
- L'informatique et son jargon ont été abordés dans le chapitre «la calculette de poche» du livre Brèves de Couloir (Collection Mots & Cie - Editions Mango - 2007) ainsi que dans d'autres chroniques du blog Nouvelles Brèves de Couloir.

- Dans tout le blog Nouvelles Brèves de Couloir, les guillemets " " indiquent des citations authentiques de langue d'entreprise alors que les guillemets « » marquent des expressions d'autres provenances, apocryphes ou bien parfois traduites. La mise en italique souligne les mots d'origine étrangère.

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jeudi 23 avril 2009

Premier price de language : droit de suite

Dans la précédente chronique «premier price de language», j'ai relaté l'usage par un analyste boursier du mot anglais "pricing" et de ses dérivés franglais.
Je viens, à l'instant, de trouver sur un blog intitulé "Next Finance" un article du 26 mars 2009 avec un emploi immodéré de ces vocables approximatifs.
Jugez vous même avec ces quelques extraits :

- "Les taux de recouvrement incorporés dans le pricing des CDS étaient trop optimistes".

- "Une tentative visant à apporter plus de précision au pricing".

- "Pricing Partners expert en valorisation indépendante de produits financiers".

- "La librairie de calcul de Pricing Partners permet de valoriser, contre-valoriser pratiquement la totalité des produits dérivés [...], des produits les plus vanilles au plus exotiques" [extrait garanti rigoureusement exact].

Accessoirement, ce morceau de bravoure recèle aussi d'autres pépites :

- "Tout le monde s’est agité autour du modèle à copule Gaussien en soulignant la simplicité naïve de l’approche".

- "Pratiquement rien n’est dit sur la grossièreté du standard de marché"

- "La réception des caractéristiques des produits financiers soit forme d’ISIN ou de termsheets" [extrait garanti rigoureusement exact].

Le chef d'oeuvre contredit en conclusion ceux qui pensent les financiers sont devenus de nouvelles têtes de turc puisque "Price-it ® fournit aussi des Grecs" !

Pour éviter la "crise financière", peut-être que la mise en pratique du célèbre conseil de Nicolas Boileau «ce qui ce conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément» aurait pu être suffisante.

Hellèniquement et boursicotiquement votre ...

Références :
- http://www.next-finance.fr/Les-taux-de-recouvrement
- Chronique "premier price de language" du blog Nouvelles Brèves de Couloir. L'expression de Nicolas Boileau a été reprise et déformée dans le chapitre «la burette d'huile» du livre Brèves de Couloir (Collection Mots & Cie - Editions Mango - 2007).
- Petit rappel : dans tout le blog Nouvelles Brèves de Couloir, les guillemets " " indiquent des citations authentiques de langue d'entreprise alors que les guillemets « » marquent des expressions d'autres provenances, apocryphes ou bien parfois traduites. La mise en italique souligne les mots d'origine étrangère.
- "Pricing Partners the next generation pricing system"
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Boileau

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Premier price de language

Deux monuments de la pensée économique et franglaise prononcés par un analyste financier aujourd'hui lors d'une émission radiophonique :

- Au sujet de l'évolution négative des cours de bourse de plusieurs sociétés : "On a praillessé la fin du monde".
Ce qui signifie en français courant : «On a évalué la fin du monde». [*]
Autrement dit Saint Jean est le saint patron des marchés financiers !

- A propos de la "crise actuelle" : "C'est plus une histoire de pricing power qu'autre chose".
Dans la langue de Jean-Baptiste Say : «C'est plus une histoire de puissance de fixation des prix qu'autre chose». [*]
Il est vraiment dommage que personne n'y ai pensé plus tôt, nous aurions peut-être évité le marasme actuel !

Boursicotiquement votre …

Références :
- Voir aussi le droit de suite à cette chronique.

- [*] Traduction effectuée avec l'aide du Grand Dictionnaire Terminologique de l'Office Québécois de la Langue Française. Praillessé est l'orthographe phonétique que je préfère pour le dérivé franglais du verbe anglais to price.
- Expressions entendues lors de l'émission Intégrale Bourse de la radio BFM le 23 avril 2009
- Petit rappel : dans tout le blog Nouvelles Brèves de Couloir, les guillemets " " indiquent des citations authentiques de langue d'entreprise alors que les guillemets « » marquent des expressions d'autres provenances, apocryphes ou bien parfois traduites. La mise en italique souligne les mots d'origine étrangère.
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Apocalypse

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Say

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samedi 4 avril 2009

Astonishing mélanges

L'anglais est, sans conteste, la lingua franca des entreprises.
Toutefois inutile de maitriser les subtilités de la langue de Shakespeare ou de la Reine, baragouiner le sabir d'Eminem ou de Bob Marley en le coupant d'un peu de français suffit pour être parfaitement à l'aise dans n'importe quel "meeting".
En voici trois "proofs" :

- "Restitution et partage des super users sur les actions des task forces"
Extrait de l'ordre du jour d'une réunion censée améliorer le fonctionnement d'un système logiciel (pardon d'un "soft"). Cette convocation ne précisait pas si les participants devaient revêtir une combinaison moulante rouge et bleue.

- "Le core model est un fundamental et un acquis indiscutable".
Heureusement pour mon stock d'aspirine que je n'ai pas participé à ce "show and talk" dont les "minutes" portent à la migraine.

- "Un middleware manage les discrepancies" (littéralement «un intergiciel traite les écarts»)
A en juger par ce second extrait, cette réunion a été exceptionnellement dangereuse pour l'écorce des saules.

Bref, comme disait un "marketing manager" de mes amis, "derrière le wording il y a un concept", voire même plusieurs …

Shortiquement votre …

Références :
- L'usage "corporate" et approximatif de l'anglais est évoqués dans de nombreuses chroniques ainsi que dans les chapitres «do you speak entreprise ?» et «back to Descartes» du livre Brèves de Couloir (Collection Mots & Cie - Editions Mango - 2007).
- Rappel : dans tout le blog Nouvelles Brèves de Couloir, les guillemets " " indiquent des citations authentiques de langue d'entreprise. Les guillemets « » marquent des expressions soit d'autres provenances, soit traduites voire parfois apocryphes. La mise en italique souligne les mots d'origine étrangère.
- Traduction réalisée avec l'aide du grand dictionnaire terminologique de l'office québécois de la langue française.

- http://fr.wikipedia.org/wiki/Aspirine
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Shakespeare
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Elisabeth_II
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Eminem
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Bob_Marley


Breves de Couloir de René Lenoir, chroniques sur le langage et les jargons des entreprises et du management, humeurs et humour semantiques et linguistiques, si l'on peut dire des breves de comptoir de la langue du boulot ...

mardi 31 mars 2009

Pales copies et répliques automatiques

Un ami et néanmoins collègue m'a suggéré d'aller fureter sur le site internet d'une entreprise asiatique spécialisée dans les contrefaçons de produits industriels.
J'espère pour les clients de ce flibustier postmoderne que la qualité de ses fabrications est meilleure que celle de son langage.

Jugez plutôt sur pièces avec ces extraits de sa page d'accueil en anglais, garantis absolument authentiques orthographe incluse :
"XXX Group Co specializes […] in exchanging the as a organic whole high-tech enterprise of development, production and sale of such products. Scientific and technological ranks with composition of personnel of a middle-and-high-ranking engineering of our company, technical force is rich. […]
The company regards science and technology, quality, service as the policy, cooperate with the domestic and international manufacturer sincerely, create beautiful tomorrow, welcome to come over guidance and cooperate in you wholeheartedly.
"

Seule une traduction automatique permet d'apprécier à sa juste valeur cet hymne à la dyslexie et au pidgin :
«XXX Group Co spécialisé [...] dans l'échange d'un tout organique les entreprises high-tech de développement, de production et la vente de ces produits. Rangs scientifique et technologique avec la composition du personnel du milieu et de haut rang du génie de notre société, technique force est riche. [...]
La société ce qui concerne la science et la technologie, la qualité, le service de la politique, de coopérer avec la législation nationale et internationale fabricant sincèrement, créer de belles demain, bienvenue à venir sur le guidage et de coopérer pleinement en vous.»

Votre copieusement …

P.S. : Des considérations éthiques, sociales mais aussi légales m'empêchent de dévoiler l'identité de cet héritier insoupçonné de Marlowe et Shakespeare.

Références :
- Chronique suggérée par A. C.
- L'anglais "global" ou globish est évoqué dans le chapitre «Parlez vous corporate? Do you speak entreprise ?» du livre Brèves de Couloir (Collection Mots & Cie - Editions Mango - 2007).
- La traduction automatique a été aimablement fournie par le service adéquat de Google.
- Petit rappel : dans tout le blog Nouvelles Brèves de Couloir, les guillemets " " indiquent des citations authentiques de langue d'entreprise, en l'occurence dans cette chronique la page d'accueil d'une entreprise de copies. Les guillemets « » marquent des expressions soit d'autres provenances, soit traduites voire parfois apocryphes. La mise en italique souligne les mots d'origine étrangère.
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Christopher_Marlowe

- http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Shakespeare

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jeudi 19 mars 2009

Oxymore express

L'excellent petit programme gratuit PhotoResize qui permet de changer rapidement et simplement la taille d'une image, indique à la fin de son exécution "Press Enter to exit", soit littéralement «Appuyez sur Entrée pour sortir».

A bien y réfléchir, cela n'est guère surprenant car le système d'exploitation Windows™ nous a habitué depuis longtemps aux oxymores : il faut cliquer sur "Démarrer" pour pouvoir "Arrêter l'ordinateur".

Longuement votre ...

Références :
- L'emploi en entreprise des oxymores et autre figures de style est longuement évoqué dans le premier chapitre du livre Brèves de Couloir (Collection Mots & Cie - Editions Mango - 2007). Voir aussi l'article de Wikipedia sur l'oxymore.

- PhotoResize (appelé aussi PictureResize) est un programme gratuit très efficace disponible sur le site de RealWorld Graphics.

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mercredi 18 mars 2009

Ca ne s'invente pas ! (3)

Le premier mail consulté ce matin débutait par :
"Please find here after the new Quality policy of the company (in French only for the moment, English version will be soon available)".
Littéralement : «Merci de trouver ci-après la nouvelle politique Qualité de l'entreprise (uniquement en français pour l'instant, une version anglaise sera bientôt disponible)».

Suivaient quelques lignes explicatives toujours dans la langue de Clint Eastwood et un "diaporama Powerpoint™" rédigé exclusivement dans l'idiome de Gad Elmaleh.

Pourquoi donc écrire en anglais pour motiver des francophones à consulter un document écrit dans leur langue ?
Et pourquoi mettre l'eau à la bouche des anglophones avec une "new policy" qu'ils ne peuvent déchiffrer ?
Les voies (voix ?) de la "Qualité" sont bien impénétrables ...

Shortly yours

Références :
- L'emploi rarement académique de l'anglais en entreprise est évoqué dans les chapitres «un nuage d'anglais» et «parlez vous corporate ?» du livre Brèves de Couloir (Collection Mots & Cie - Editions Mango - 2007). Voir aussi la chronique «un peu de rosbif dans votre camembert».
-
http://fr.wikipedia.org/wiki/Clint_Eastwood
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Gad_Elmaleh

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dimanche 8 mars 2009

Les regards de Darwin

Si Charles Darwin revenait parmi nous, il examinerait le langage des entreprises avec la même acuité que les oiseaux et les tortues des Galápagos.
Notamment, la prolifération des mails anglophones a induit, en moins de quinze ans, une transformation spectaculaire des formules de politesse à la fin des courriers qui intéresserait le bicentenaire théoricien de l'Évolution :
- "With my best regards",
- "Best regards",
- "Regards",
- "Rgds",
- " " …

Etant simultanément myope, daltonien et presbyte, je me suis souvent interrogé sur l'origine et la signification de ces "regards" de plus en plus fuyants en bas des messages.

D'après les principaux dictionnaires en ligne, la traduction de regard est considération.
"With my best regards" devient donc littéralement «avec mes meilleures considérations», en quelque sorte la version américaine du vieille France «veuillez agréer l'expression de ma considération distinguée».
Notons toutefois que l'anglo-saxon exprime sa «considération» plusieurs fois alors que le francophone, toujours soucieux de productivité et d'économie, ne le fait qu'à une seule reprise.

Autre preuve de la compétitivité linguistique du français sur l'anglais, regard fait partie des mots passés directement de la langue de Buffon à celle de Darwin (en l'occurrence à la fin du Moyen-âge).
Aussi, afin de rendre justice à notre bel idiome, je vais désormais terminer mes «méls» en français par «avec mes meilleurs regards». Compte tenu de mon état ophtalmique, cette «nouvelle formule» devrait susciter quelques doutes chez mes correspondants ...

Brèviquement votre …

Références :
- Les emprunts de l'anglais au français sont abordés dans le chapitre «back to Descartes» du livre Brèves de Couloir (Collection Mots & Cie - Editions Mango - 2007).
- La récente chronique «ça ne s'invente pas» traite aussi de problèmes ophtalmiques, toutefois totalement différents.
- Petit rappel : dans tout le blog Nouvelles Brèves de Couloir, les guillemets " " indiquent des citations authentiques de langue d'entreprise alors que les guillemets « » marquent des expressions d'autres provenances, apocryphes ou bien parfois traduites. La mise en italique souligne les mots d'origine étrangère.
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Darwin
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges-Louis_Leclerc_de_Buffon
- http://www.lexilogos.com/
- http://www.merriam-webster.com/
- http://www.etymonline.com/
- http://www.chambersharrap.co.uk/


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mercredi 4 mars 2009

Gauloiserie vs politiquement correct

Bonne nouvelle ! Malgré l'emprise grandissante du "politiquement correct", la gauloiserie résiste encore dans les entreprises !
Ce trait du génie français éternel a désormais trouvé refuge dans le jargon technique comme le montrent ces deux exemples :

- "Ils testent donc empiriquement l'idée d'un épaississement de la queue de distribution".
(extrait d'un article sur le marketing et internet)

- "Il y a des queues de population de couple qui émettent des efforts très diversifiés et le Cu nu s'oxyde".
(exposé sur des difficultés technique induites par la corrosion)

Quelques explications s'imposent sous peine de voir ce blog étiqueté «contenu réservé aux adultes» :

- Rien de callipyge dans le "Cu nu". Cu est le symbole chimique du cuivre et nu indique l'absence de revêtement protecteur.

- En mécanique, comme dans la vie courante, lorsque le "couple" est en crise la rupture n'est pas loin car il s'agit de l'intensité du serrage des vis.

- Enfin, "queue", "population" et "distribution" sont des termes de statistiques assez éloignés de leur signification courante.
Notamment une "longue queue" est une grande dispersion dans des résultats chiffrés. C'est une traduction littérale de l'anglais «long trail», l'expression la plus appropriée en français est «longue traîne».
A ce sujet, les anglo-saxons font preuve de prudence en distinguant le terme anatomique ou technique trail des vulgaires d..k ou c..k quand les francophones, très productifs, n'ont dans leur langue qu'une seule queue …

Brèviquement votre …

Références :
- Ce thème a déjà été évoqué dans la chronique «contrepèteries professionnellement correctes» ainsi que le chapitre «l'outil planqué au fond de la caisse» du livre Brèves de Couloir (Collection Mots & Cie - Editions Mango - 2007). Le jargon a été étrillé dans le billet «s'il vous plaît, dessine moi un jargon».
- Le première brève provient du blog Technologies du Marketing, la seconde a été relevée par O. B.
- Le lecteur peu féru d'argot anglais pourra consulter avec bonheur le dictionnaire en ligne WordReference.com pour découvrir les lettres manquantes dans d..k et c..k.


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lundi 2 mars 2009

S'il vous plaît, dessine moi un jargon !

J'ai eu le plaisir de trouver dès le début d'un mail envoyé par un fournisseur la quintessence du jargon.
En effet, la courte phrase "vous trouverez attaché la MAJ du planning sur les pièces toppées" regroupe toutes les facettes de ce «langage spécialisé propre aux membres d'une même profession».

Dans les entreprises, le jargon possède une double fonction.

C'est d'abord un formidable "outil de productivité".
Il permet à ses locuteurs de gagner beaucoup de temps dans leur communication. Ainsi la phrase ci-dessus traduite en français standard s'allonge considérablement et ne gagne guère en clarté :
«Vous trouverez, incluse dans ce message, la mise à jour de la planification de la production des pièces dont vous nous avez donné l'autorisation de fabrication». Ouf !

Ensuite, le jargon "contribue aussi à la dynamique collective".
En excluant toute personne ne le maitrisant pas, il renforce la cohésion du moindre sous-groupe linguistique, comme ici celui des personnes impliquées dans la réalisation de pièces en plastique à ne pas confondre avec celles chargées des composants en métal !

Pour mener à bien ses deux rôles, le jargon a recours à de nombreux artifices qu'il combine allègrement :

- Des emprunts à des langues étrangères, principalement l'anglais.

- Des glissements de sens.
Ainsi "planning" qui, en anglais désigne l'action de planifier, est employé dans le sens de programme ou de planification (schedule dans la langue d'Alan Turing).

- Des néologismes.
Les "pièces toppées" ont reçu le "top de fabrication", c'est-à-dire l'accord du donneur d'ordre. [*]

- De multiples sigles et acronymes. [**]
"MAJ" signifie ici Mise À Jour. Dans d'autres contextes il pourrait s'agir de la touche majuscule d'un clavier informatique, de l'abréviation du mot anglais major (important) ou encore de Master of Arts in Journalism (maitrise de journalisme).

- Orthographe, grammaire et syntaxe approximatives.
"Attaché" est écrit au masculin, les deux «p» de "toppées" sont discutables et l'emploi du mot "sur" ne l'est pas vraiment !

Brèviquement votre …

P.S. : l'étymologie de jargon est l'ancien français gargun «gazouillement des oiseaux, langage des animaux».

Références :
- [*] Top a été écrit volontairement sans italique car son étymologie est disputée.
- [**] Les sigles et acronymes sont abordés dans les chapitres «siglomania» et «codes éblouissants» du livre Brèves de Couloir (Collection Mots & Cie - Editions Mango - 2007).
- Dictionnaire de l'Académie Française neuvième édition
- http://www.lexilogos.com
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Turing


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vendredi 20 février 2009

Flot de travail

En me documentant pour une récente chronique sur le "template", j'ai lu avec intérêt l'article de Wikipedia sur les "procédures d'entreprise". En parcourant ses références, j'ai découvert des petits bijoux sémantiques qu'Eugène Ionesco, Alfred Jarry ou Monsieur de la Palice n'auraient pas reniés.

Mon attention a été initialement attirée par une magnifique définition conglobante [*] : "une procédure d’entreprise est une procédure qui systématise l’organisation et la politique d’une entreprise dans le but d’atteindre certains des objectifs de cette entreprise".

Ce chef d'œuvre linguistique est le fruit des travaux de la "WfMC". Derrière ce sigle mystérieux se cache la "Workflow Management Coalition", littéralement coalition pour l'administration du flux de travaux.
D'après son site web, il s'agit d'une "organisation globale d'adeptes, de développeurs, de conseillers, d'analystes aussi bien que de groupes d'universitaires ou de chercheurs" qui se vante d'être la "seule organisation de normalisation qui se concentre purement sur la procédure".

La traduction française du glossaire de cette quasi-secte est très instructive [**]. On y apprend pêle-mêle :

- L'existence jusque là ignorée de "gestionnaires de corbeille" qui ne sont pas de nouveaux avatars du mythique technicien de surface mais "des programmes chargés d'aller chercher […] les bons de travail".

- "Qu'une sous-procédure est une procédure qui fait partie d’une procédure plus générale".

- Qu'un "workflow" est "un outil qui définit, gère et exécute des procédures en exécutant des programmes dont l’ordre d’exécution est pré défini dans une représentation informatique de la logique de ces procédures".

- "Qu'un acteur de workflow" est parfois "un être humain qui exécute une activité" (et non pas un comédien d'un improbable théâtre exotique).

J'arrête là l'énumération afin de sauvegarder votre stock d'aspirine, d'autant plus que, pour reprendre l'expression d'un de mes collègues, "si tu écris trop de procédures, demain tu trouveras qu'être pro c'est dur !" [*]

Brèviquement votre …

P.S. : Très peu de dictionnaires en ligne offrant une traduction française de "workflow", je vous propose le littéral flot de travail et le très approximatif débit de travail.
Je ne sais pas très bien pourquoi mais entre les "workflows" et les débits de boissons chers aux Brèves de Comptoir de J.M. Gourio, mon cœur ne balance pas …

Références :
- [*] Pour en savoir plus sur les procédures se reporter au chapitre «le bloc-note à spirale» du livre Brèves de Couloir (Collection Mots & Cie - Editions Mango - 2007). Les conglobations et les sigles sont abordés respectivement aux chapitres «bonnes figures» et «siglomania».
- [**] La traduction en français du glossaire de la WfMC a été réalisée par Deborah Jouin et François Olléon. Elle est référencée dans l'article de Wikipedia sur les procédures d'entreprise et est archivée par Wikiwix.
- Les autres traductions ont été réalisée avec malice et l'aide précieuse du grand dictionnaire terminologique de l'office québécois de la langue française.
- Chronique «qui c'est le patron ?» du blog Nouvelles Brèves de Couloir.


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mercredi 18 février 2009

Qui c'est le patron ?

C'est un fait désormais bien établi, les procédures sont devenues aussi indispensables au bon fonctionnement des entreprises que l'oxygène à celui de leurs salariés.
Toutefois, le "template", leur composant principal, demeure injustement méconnu du grand public [*].

Pourtant, les trois échantillons ci-dessous suffisent pour se persuader de l'importance du "template" :

- "Le template du livrable est associé à la tache".
(extrait d'un "manuel qualité) [noter le manque d'accent à tâche]

- "Ne pas toucher au template, toute autre opération endommagerait la scorecard".
(instruction comminatoire accompagnant un tableau de suivi de performances)

- "Ce template pourra évoluer afin de distinguer les questions vert / orange / rouge".
(autre instruction du même type, probablement à destination des daltoniens) [noter l'accord plutôt anglo-saxon des adjectifs de couleur]

D'après les meilleurs dictionnaires en ligne, la traduction en français de "template" est patron, ce qui suscite une question angoissante : ces tableaux vides et autres formulaires ne seraient-ils pas devenus les véritables managers des entreprises ?

Heureusement, l'étymologie permet de se rassurer.
"Template" est le fruit d'un aller-retour linguistique entre Louis Renault et Henry Ford. Ce mot découle, en effet, du vieux français templet, terme du jargon des tisserands désignant la pièce de bois qui leur servait de mesure lorsqu'ils mettaient en place le motif d'un tissu.
Le "template" est donc un simple modèle, voire un gabarit, censé rendre une procédure "répétable".

Point de managers, et peut être même de management, cachés derrière ces omniprésentes et insipides matrices !

Brèviquement votre …

Références :
- [*] Pour en savoir plus sur les procédures d'entreprise se reporter au chapitre «le bloc-note à spirale» du livre Brèves de Couloir (Mots & Cie - Editions Mango - 2007). Les managers et le management sont abordés au chapitre «le couteau suisse».
- Le thème de cette chronique m'a été suggéré par D. B.
- http://www.lexilogos.com/
- http://www.etymonline.com/

- http://fr.wiktionary.org/
- http://dictionnaire.reverso.net/
- http://www.collinslanguage.com/
- http://fr.bab.la/
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Renault_(industriel)
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Ford


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vendredi 13 février 2009

Langage total

La société Total, "quatrième groupe pétrolier et gazier mondial et acteur majeur dans la chimie", a dévoilé jeudi 12 février 2009 un "résultat net […] à un plus haut historique".

Faisant fi des controverses économiques et politiques suscitées par cette annonce, les Nouvelles Brèves de Couloir ont voulu, en décortiquant l'intervention du directeur général Christophe de Margerie devant les analystes financiers, vérifier si les performances financières et langagières de cette entreprise étaient "en ligne" .

Les quelques échantillons hors contexte présentés ci-dessous mettent en évidence un bilan sémantique de haute tenue, une diversification dans le bois au-delà des hydrocarbures et, quoi de plus normal pour un pétrolier, un langage raffiné :
- Programmatique : "très clairement je vous souhaite la bienvenue sur nos résultats […] et je terminerai par la fin".
- Géographique : "on ne sait pas très bien où la Chine va" […], "le monde virtuel en a pris un bon coup".
- Euphémique : "le quatrième trimestre commence à fléchir compte tenu des nouveaux paramètres d'environnement".
- Technocratique : "un gearing solide en forte baisse "[…], "cela viendra se rajouter avec un socle nettement plus bas".
- Conglobant : "la baisse de prix va abaisser nos breakeven" [*].
- Décalé : "cela vient stopper la volatilité débordante".
- Insolite : "le fait de gagner de l'argent peut paraitre être une curiosité".
- Citoyen : "la responsabilité perdure ou s'améliore".
- Optimiste : "bref la vie continue …".

Totalement votre ...

N.B. : d'après les meilleurs dictionnaires anglais-francais du web "gearing" signifie engrenage ou embrayage et "breakeven" équilibre énergétique ou seuil de rentabilité.


Références :
- [*] Pour en savoir plus sur les conglobations et leur utilisation en entreprise se reporter au chapitre «bonnes figures» du livre Brèves de Couloir (Collection Mots & Cie - Editions Mango - 2007)
- http://www.total.com/
- http://dictionary.cambridge.org/
- http://fr.bab.la/
- Grand Dictionnaire Terminologique Québécois
- http://www.lexilogos.com/


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vendredi 6 février 2009

Néologismes

"L'innovation est la clef pour la sortie de crise". Cette mâle antienne, entonnée par les experts et communiquants de tout poil, a désormais la force d'une évidence et pousse les entreprises et leurs employés à effectuer de nombreux changements, parfois à marches forcées.

Toutefois, entrepreneurs et salariés pratiquent de longue date une innovation injustement méconnue : le néologisme !

Jugeons plutôt sur pièces avec trois exemples récents glanés au gré de mon activité professionnelle :

- "Le thème principal du séminaire était centré sur la clientologie, la science de l’écoute du client"
(Compte rendu d'une réunion de "qualiticiens", la version anglaise du même document employait le vocable "customerology")

- "J'ai effectué une splitation de la base"
(Cet "administrateur de données" souhaitait indiquer à des collègues mécontents qu'il avait fractionné certains fichiers afin de rendre leur accès plus rapide)

- "J'ai vaguifié"
(Ce chef de projet, probablement sujet au vague à l'âme, voulait expliquer qu'il avait organisé les évolutions techniques d'une ligne de produit en "vagues", traduction très directe de l'anglais "waves")

Brèviquement votre ... (autre néologisme !)

Références :
- L'Usine Nouvelle


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samedi 31 janvier 2009

Un peu de rosbif dans votre camembert ?

C'est un fait désormais incontournable : l'anglais est LE langage international des entreprises.
A un point tel que même le français utilisé professionnellement entre francophones est de plus en plus teinté par l'idiome de David Beckham, à défaut de celui de Shakespeare.
Quelques exemples récents et authentiques pour s'en convaincre :

- "L'action de nos techniciens sur le chantier a été baqueuppée par des spécialistes en central".
Ce manager en charge de l'installation de matériels complexes a probablement voulu signifier que des experts ont soutenu (et non pas "supporté" autre anglicisme) à distance (et non pas en centrale !) leurs collègues en charge du démarrage d'une machine dans l'usine d'un client.
Le mot backup est, à l'origine, un américanisme remontant au 18ème siècle qui désignait bizarrement les matériaux coincés dans une canalisation engorgée puis, par extension, les troupes de réserve dans l'armée.

- "Les interventions sont très taillemées".
L'animateur de cette "réunion plénière" souhaitait indiquer aux orateurs que leur temps de parole était limité et cadencé, bref que le timing était serré ! Il mérite toutefois notre indulgence car la moins mauvaise traduction française de timing reste encore planning !

- "As-tu ristaité la targette ?"
Cette angoissante question a été formulée lors d'une revue de détail (sorry "businness review") des budgets de différents services. Il s'agissait de savoir si l'objectif de dépense avait été réévalué (to restate the target).
Toutefois ce "contrôleur de gestion" ignorait probablement que le verrou français targette et son faux ami anglais target partagent les mêmes étymologies targe et zarge qui signifiaient, respectivement en vieux français et en germain, bouclier. Puisse ce dernier nous protéger des incursions linguistiques inopinées de l'anglais !

Brèviquement votre ...

Références :
- Random House Dictionary cité par
Dictionary.com
- Dictionnaire Littré
-
Online Etymology Dictionary
- http://www.lexilogos.com/

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Notice d'utilisation (sorry "User manual")

Ces Nouvelles Brèves de Couloir reprennent les "features" du livre Brèves de Couloir de René Lenoir publié dans la collection Mots & Cie aux Editions Mango en 2007.

A l'instar des Brèves de Comptoir de Jean-Marie Gourio, des citations de langage d'entreprise sont le prétexte à des chroniques décortiquant le jargon de "l'univers corporate".

Ce vagabondage dans les patois du business révèle un humour, un vocabulaire et des tournures littéraires insoupçonnés et met en valeur le côté humain, trop souvent caché, du "monde de l'entreprise".

Toutes les expressions entre guillemets " " sont des échantillons authentiques de langage professionnel recueillis par l'auteur.
Les guillemets « » indiquent des expressions soit d'autres provenances, soit traduites, voire parfois même apocryphes.
La mise en italique souligne l'interpénétration des langues étrangères ou anciennes dans le français du management.

Breves de Couloir de René Lenoir, chroniques et betisier sur le langage et les jargons des entreprises et du management, humeurs et humour semantiques et linguistiques, de nouvelles breves de comptoir de la langue du travail ...

Curriculum Vitae de René Lenoir (sorry "Resumé")

René Lenoir, l'auteur de Brèves de couloir, "déploie son activité professionnelle" depuis plus de 20 ans "immergé dans le terrain" d'un "leader mondial qui déploie une offre globale".

Son "career plan" l'a conduit à "occuper des positions" variées : "ing.", "resp. ST", "product manager", "project manager" …

Ainsi dans un "environnement challengeant" et, avec comme "priorité absolue de satisfaire nos clients", il a participé au développement de nombreux "produits et services adaptés à vos exigences".

Pour proposer de Nouvelles Brèves de Couloir ou échanger avec René Lenoir, rendez-vous au sur la page contacts du site brevesdecouloir.fr.

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L'âne des Nouvelles Brèves de Couloir est une création originale de Claire Corteel.

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